Quand la montée des eaux redéfinit l'avenir des locations saisonnières à Maui
Selon Beat of Hawaii, plusieurs copropriétés du littoral de Maui, initialement vouées à devenir des logements permanents, pourraient retrouver un statut de location de vacances — non pour leur…
Brieuc Lecigne·mis à jour 01 septembre 2026

Selon Beat of Hawaii, plusieurs copropriétés du littoral de Maui, initialement vouées à devenir des logements permanents, pourraient retrouver un statut de location de vacances — non pour leur attractivité, mais parce qu'elles se situent dans la zone d'exposition à une élévation du niveau marin de 0,97 m (3,2 pieds), définie par la planification hawaiienne comme secteur à risque d'érosion, d'inondation et d'impact des vagues. Le comté de Maui traite ainsi une équation que toute île touristique finit par rencontrer: que devient le bâti côtier quand le littoral devient lui-même une variable réglementaire?
Mécanique réglementaire
Le Bill 9, promulgué en décembre dernier, organise la suppression progressive des locations de vacances en zones d'appartements: 1er janvier 2029 pour West Maui, 1er janvier 2031 pour le reste du comté. Le Bill 88 avait ouvert une première brèche en créant deux districts hôteliers accessibles sur dossier individuel. La Resolution 26-129, examinée par la commission Logement et Urbanisme du conseil de comté, propose une troisième voie: saisir la commission d'aménagement de Maui pour des modifications de zonage explicitement motivées par la poursuite de l'usage locatif.
La liste initiale couvrait huit propriétés — Island Sands et Maalaea Kai à Maalaea, Kihei Bay Surf et Kihei Bay Vista à Kihei, Lokelani, Hale Ono Loa, Pikake et Hale Kai I à West Maui — toutes situées dans la zone d'exposition à la montée des eaux. Le comité a depuis examiné des ajouts dont Makani A Kai, Maalaea Banyans, Kamaole One, Kahana Reef, Nohonani, Makani Sands, Hoyochi Nikko, Noelani, Puunoa Beach Estates, Kihei Resort, Waiohuli Beach Hale, Shores of Maui, Polynesian Shores, Lahaina Roads, Kihei Park Shore et Kaleialoha. Chaque dossier passe par les études, les audiences et les coûts d'instruction habituels.
Lecture pour les marchés insulaires
Trois paramètres structurent l'épisode hawaiien et dépassent le seul cas hawaiien. D'abord, un seuil chiffré opposable — 0,97 m — sert de critère d'éligibilité à la dérogation. Ensuite, une cartographie publique (Sea Level Rise Exposure Area) qualifie les parcelles plutôt que les bâtiments. Enfin, l'arbitrage politique entre résidences principales et lits touristiques bascule non sur la demande, mais sur le risque physique.
Les auditions publiques ont opposé propriétaires de locations et résidents en quête de logement permanent. À Kihei Bay Vista, une résidente de longue date et vice-présidente de l'association de copropriétaires a décrit des inondations répétées touchant sa famille et la difficulté de se reloger ailleurs sur l'île. Le comté ne déclare pourtant aucun immeuble inhabitable — l'appartenance à la zone d'exposition n'engage pas le diagnostic bâtiment par bâtiment. Elle laisse au conseil le soin de décider si le risque côtier doit, en soi, déterminer quelles résidences restent accessibles aux visiteurs au-delà du calendrier de suppression.
Pour un exploitant de bungalow ou de location meublée sur un littoral insulaire — La Réunion comprise — l'enseignement est direct: le zonage n'est plus seulement un outil d'urbanisme, il devient un instrument d'adaptation climatique. Toute copropriété côtière située dans une zone d'exposition homologue devra intégrer ce paramètre à son plan d'exploitation, indépendamment de la qualité de son produit locatif.