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Crise du logement à Almería : pourquoi El Ejido subit une tension locative record

D'après une analyse du portail Idealista relayée par Sur in English, la municipalité d'El Ejido — plus de 93 000 habitants, province d'Almería — concentre la plus forte tension locative de sa province.

Brieuc Lecigne·mis à jour 23 septembre 2026

Crise du logement à Almería : pourquoi El Ejido subit une tension locative record

Pression locative et meublés touristiques: El Ejido dépasse Almería

Le loyer moyen y atteint 9,1 €/m²/mois, contre 9,5 €/m²/mois à Almería ville, et la commune se classe 16ᵉ au niveau national sur le critère de pression entre demande et offre disponible.

Sur l'ensemble de la province, le portail recense environ 1 800 annonces: 700 relèvent de la location longue durée (39 %), 1 110 des meublés touristiques (61 %). Dans la ville d'Almería même, sur plus de 600 annonces, la longue durée reste légèrement majoritaire, mais la demande reste vive, alimentée par les étudiants universitaires et les professionnels de la santé et de l'agroalimentaire.

Ratio meublés / longue durée: un effet littoral marqué

Le déséquilibre s'aggrave sur le littoral. À Vera et Roquetas de Mar, les locations de vacances dominent; plusieurs bailleurs imposent des baux de septembre à juin, obligeant les locataires à libérer le logement durant l'été pour des locations à la semaine ou à la nuit. À l'inverse, la comarque de Los Vélez, à l'intérieur des terres, affiche les loyers les plus bas de la province. Les stations balnéaires restent en haut de la fourchette.

Au niveau espagnol, la pression locative ne se concentre pas uniquement dans les capitales provinciales. Idealista place en tête La Corogne (Galice), suivie notamment par Alcantarilla (Murcie), Alcázar de San Juan (Ciudad Real), Alcoy (Alicante), Aldaia (Valence), Algésiras (Cadix), Almansa (Albacete), Ávila, Barakaldo (Biscaye), Camas (Séville), Churriana de la Vega (Grenade), Cordoue, Cornellà de Llobregat (Barcelone), Cuenca et Donostia-Saint-Sébastien (Guipuscoa).

Lecture pour les bungalows à La Réunion

Ce ratio de 61 % de meublés face à 39 % de longue durée dans une province méditerranéenne fonctionne comme un point de mesure pour les marchés insulaires tropicaux. La Réunion n'est pas Almería, mais la mécanique est comparable: résidences secondaires converties en locations saisonnières, parc résidentiel aspiré par le meublé, résidents permanents contraints à des rotations estivales.

Trois indicateurs méritent un suivi régulier du côté des propriétaires et gestionnaires de bungalows:

  • la part des meublés sur le total des annonces locales, à comparer à un seuil de référence (ici 61 % à l'échelle provinciale);
  • le loyer au mètre carré par zone, avec lecture distincte littoral / mi-pente / Hauts;
  • la durée contractuelle imposée aux résidents longue durée: un bail tronqué septembre-juin signe une optimisation touristique, pas une vocation résidentielle.

Le mouvement dépasse l'Espagne: selon The National, Abu Dhabi a récemment ouvert son marché des résidences de vacances aux locataires longue durée sous un nouveau cadre réglementaire; la presse spécialisée documente par ailleurs un boom des locations de vacances à Phuket. Pour la Réunion, l'enjeu n'est pas de subir la tendance mais de mesurer la part locale de meublés, et de fixer — bailleur par bailleur, commune par commune — le ratio location saisonnière / longue durée qui reste viable sans assécher le parc résidentiel.