Tourisme en Outre-mer : les nouveaux leviers pour booster la location de bungalows à La Réunion
Le tourisme représente entre 7 et 10 % du PIB ultramarin et 25 000 à 30 000 emplois directs, selon les chiffres communiqués lundi 14 septembre à Bercy lors du sixième Comité stratégique du tourisme Outre-mer.
Brieuc Lecigne·mis à jour 14 septembre 2026

Comité stratégique du tourisme Outre-mer: ce qui se joue pour les locations à La Réunion
Un poids économique que l'État entend consolider en associant ces territoires à l'objectif national de 100 milliards d'euros de recettes touristiques d'ici 2030.
La location entre particuliers capte la demande
Atout France estime à 2,23 millions le nombre de touristes aériens dans les Outre-mer en 2025, en hausse de 2 % sur un an et de retour au niveau de 2019. Le premier trimestre 2026 inverse cependant la dynamique: offre de sièges en repli de 3 %, touristes aériens en recul de 5 %, trafic passagers stable.
Dans ce contexte de contraction de la desserte, la répartition entre modes d'hébergement se redessine. Les nuitées hôtelières progressent de 3 %, celles des locations entre particuliers de 5 %. Pour les gestionnaires de bungalows à La Réunion, la captation d'une demande qui s'écarte de l'hôtellerie classique devient l'enjeu immédiat — à condition de maintenir un ratio qualité-prix cohérent avec la concurrence informelle, souvent hors des radars fiscaux.
Diversification et spiritourisme: le levier réunionnais
Le ministre Serge Papin a placé la diversification de l'offre au centre des travaux, citant le tourisme de savoir-faire et le spiritourisme — autour des productions de spiritueux — en complément du patrimoine culturel et agricole. Trois sites ont été nommés: l'écosystème Habitation Néron-Papa Rouyo en Guadeloupe, la Maison du Manioc en Guyane, et à La Réunion, le Domaine de Maison Rouge.
Pour les opérateurs de locations, l'enjeu est d'intégrer ces circuits dans la construction du séjour. À La Réunion, l'exposition « Les engagés du sucre », présentée à Stella Matutina à Saint-Leu jusqu'au 4 avril 2027 et labellisée Exposition d'intérêt national 2025, illustre ce mouvement vers un tourisme mémoriel et patrimonial, complémentaire du littoral.
La montée en gamme reste toutefois bridée par une offre hôtelière de luxe encore réduite aux Antilles — un facteur qui positionne les bungalows et locations meublées comme une alternative crédible, à condition d'en structurer l'orientation: choix d'emplacement, gestion de l'ensoleillement et de la ventilation, optimisation des surfaces.
Ce qu'il faut suivre
Deux annonces à intégrer dans la planification des exploitants. D'une part, la publication d'un guide des financements européens pour le tourisme, destiné aux collectivités comme aux entreprises privées. D'autre part, les annonces des compagnies pour l'hiver 2026-2027, qui témoignent d'un mouvement de renforcement de la desserte.
Le dossier connectivité reste le point de vigilance principal: la zone Antilles-Guyane a vu son offre de sièges reculer de 7 % au premier trimestre 2026, en raison notamment du recul des dessertes inter-îles. Si la tendance s'établissait à La Réunion, elle pèserait mécaniquement sur le taux de remplissage — et donc sur la rentabilité nette des locations, déjà exposées à la saisonnalité cyclonique.